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Intervention dans le débat sur le thème "L'avenir des trains intercités"
Séance du mardi 9 juin 2015

Mme la présidente. La parole est à M. Philippe Adnot.

M. Philippe Adnot. Madame la présidente, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, je n'ai pas l'habitude d'intervenir dans ce genre de débats ; cependant, je le ferai aujourd'hui. Il se trouve que, comme tout le monde, je suis concerné par les trains Intercités.

Je ne viens pas à la tribune pour commenter le rapport qui vient d'être publié ; je suis là pour commenter une réalité. Je commencerai par ouvrir une parenthèse : la SNCF est en train d'abandonner tout ce qui concerne le fret et les petites lignes. Je ne sais pas, mes chers collègues, si vous êtes bien au courant de ce qui se prépare : nous allons remettre sur les routes des dizaines de milliers de camions parce que les silos des coopératives qui sont embranchés sur les petites lignes ne disposeront plus de trains ayant le droit de circuler. Alors que la France organise une conférence sur l'environnement, nous allons « déverser » sur les routes des dizaines de milliers de camions supplémentaires. Certes, cette réflexion ne relève pas exactement de notre débat sur les trains Intercités, mais elle montre bien qu'il n'y a pas une véritable volonté politique pour maîtriser ces problèmes.

Nous vivons tous la réalité de la diminution du nombre et de la baisse de la qualité des trains Intercités. Nous savons tous que plus cette situation perdurera, plus on nous démontrera que le nombre des personnes qui empruntent ces trains diminue, puisque ce service ne correspond plus à ce qui leur est nécessaire.

M. Philippe Adnot. De la sorte, on peut démontrer tout ce que l'on veut ! Je n'ai pas besoin de vous parler des conséquences sur les territoires : ils vont en mourir ! Manifestement, certains se satisferaient d'une situation dans laquelle n'existeraient plus que les grandes zones urbaines et, à côté d'elles, des déserts ! C'est là une partie du problème. Or ces lignes étaient rentables – on a dit à quel moment elles l'étaient – et elles ont alors servi à financer les TGV : en effet, à l'époque, on reportait le bénéfice des lignes rentables sur les lignes à créer. On a donc largement « pompé » l'argent de ces lignes : on n'a pas remplacé le matériel, ni entretenu les lignes et ensuite on a dit : « Ce n'est pas de chance, les lignes ne sont pas rentables ! Il faudrait investir. » Demandons donc le retour sur investissement de l'époque où ces lignes étaient rentables !

Quelle France voulons-nous ? Est-ce faire de la politique que de maintenir les services là où ils sont rentables et de les supprimer là où ils ne le sont pas ?

Mme Évelyne Didier. C'est ce que l'on fait pour tout !

M. Philippe Adnot. C'est ce que l'on fait pour la téléphonie mobile, pour internet… Est-ce ce que nous voulons ? Est-ce en cela que consiste la volonté politique ?

En ce qui nous concerne, là où nous avons un peu de pouvoir, dans le département, nous commençons par développer internet pour ceux qui n'ont rien, et non pour ceux qui ont déjà tout ou presque tout.

La volonté politique consiste à faire le contraire du flux naturel des choses. Sinon, il ne s'agit pas de politique ! Il n'y a plus besoin, alors, de gouvernement, de SNCF… Si vous voulez tout privatiser, supprimer les services publics, si c'est là votre objectif d'équipement de notre pays, je vous dirai ce que j'en pense : je n'en suis pas ! Les Français ne vous suivront pas non plus. Nous n'accepterons pas cet abandon ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur les travées du RDSE et du groupe CRC.)


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