La Rasnag - Ses membres - Le mot du mois - Interventions des non inscrits - Secrétariat 

Vous êtes ici : Accueil > Interventions des non inscrits

Intervention dans le débat consécutif à la déclaration du gouvernement sur la question de l'Irak.
Séance du mercredi 9 octobre 2002.

JO n° (CR)

M. le président. La parole est à M. Hubert Durand-Chastel.
M. Hubert Durand-Chastel. Monsieur le président, madame la ministre, monsieur le ministre, mes chers collègues, « il n'y a pas de bonne guerre ni de mauvaise paix », disait Benjamin Franklin.
La guerre en Iraq, pour quoi faire ? Pour vaincre le terrorisme islamique ? Pour faire tomber le régime de Saddam Hussein ? Pour contrôler les réserves de pétrole en affaiblissant l'Arabie Saoudite ? Pour modifier les rapports de force dans cette région très sensible du Moyen-Orient ?
On comprend que les Américains, partisans de la guerre, l'associent à la lutte contre le terrorisme qui avait réuni l'ensemble des grandes puissances au lendemain du 11 septembre 2001, tout en visant d'autres objectifs, moins avouables.
S'agit-il d'empêcher l'Iraq de se doter de l'arme nucléaire et d'armes chimiques et bactériologiques de destruction massive, ou bien de modifier la géopolitique et la géoéconomie de la région ? En effet, s'agissant du contrôle des armes, le retour des inspecteurs des Nations unies, accepté sans condition par Saddam Hussein, devrait permettre, dans un premier temps, de maîtriser la situation et d'atténuer la crise. Il n'en reste pas moins que, coupable de crimes contre l'humanité et de génocide, le dictateur iraquien est passible de la Cour pénale internationale.
La prise de position ferme de la France, exprimée dès le 27 août par le Président de la République lors de la conférence des ambassadeurs, selon laquelle la déclaration de guerre doit faire l'objet d'une décision du Conseil de sécurité des Nations unies, a été immédiatement suivie par celle, unanime, des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne au sommet de Copenhague.
L'Europe a-t-elle intérêt à cette guerre susceptible d'assombrir durablement les relations qu'elle entretient avec l'ensemble du monde arabe ? Comment ne pas craindre un regain d'extrémisme et de haine des populations de celui-ci envers l'Occident, alors que la lutte contre le terrorisme requiert aussi l'approfondissement du dialogue entre les différentes cultures ?
La guerre ne peut être décidée sans qu'aient été soupesées toutes ses conséquences pour l'ensemble du monde, et pas seulement pour les Etats-Unis. En admettant que le conflit soit de courte durée et n'affecte pas l'économie mondiale, comment remplacer le pouvoir baassiste effondré ? Les Kurdes n'ont plus confiance en les Américains, qui les ont incités au soulèvement en 1991 et en 1996, pour les laisser ensuite à leur triste sort. Quant aux chiites du Sud, proches des Iraniens, ils ont des revendications confessionnelles contre les sunnites.
Un changement de régime nécessiterait donc un puissant contingent de « gardiens de la paix » pour jeter les bases d'un fédéralisme démocratique, respectueux des minorités.
Nous soutenons résolument l'action du Président de la République et du Gouvernement, guidée par le respect du droit international et la recherche de la paix, principes que vous appliquez si efficacement, monsieur le ministre des affaires étrangères. Mais quelle serait l'attitude de la France si les Etats-Unis obtenaient gain de cause auprès des autres membres du Conseil de sécurité s'agissant du déclenchement des opérations ?
Nous vous remercions par avance, monsieur le ministre des affaires étrangères, de votre réponse sur ce point, qu'attendent tous les Français, lesquels sont profondément attachés à la paix.
(Applaudissements sur les travées de l'Union centriste, du RPR et des Républicains et Indépendants.)


Haut de page