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Intervention dans le débat à la suite de la réunion du conseil européen des 21 et 22 mars 2019
Séance du mardi 2 avril 2019

M. Jean Louis Masson. Monsieur le président, madame le secrétaire d’État, mes chers collègues, je l’ai déjà dit à cette tribune : pour ce qui concerne les difficultés que l’on rencontre actuellement avec la Grande-Bretagne, on peut estimer que les torts sont partagés.

Évidemment, le Parlement britannique, c’est un peu la foire d’empoigne…

M. Loïc Hervé. Il faut le respecter lui aussi : il est souverain !

M. Jean Louis Masson. Je ne suis pas là pour dire que le Parlement britannique a tout à fait raison. Mais il faut quand même le reconnaître : certains dirigeants européens, notamment M. Barnier, ont tout fait pour mettre de l’huile sur le feu.

Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d’État. Oh !

M. Jean Louis Masson. Quand on dit : « On va s’entendre avec un pays » et que, parmi les conditions, on impose la création d’une frontière à l’intérieur de ce pays, on ne peut pas dire que l’on est de bonne foi !

Je n’aime pas le terme backstop, qui n’a rien à voir avec la langue française : mais, puisque tout le monde l’utilise, je vais l’employer moi aussi… L’affaire dite « du backstop » est un scandale absolu. Tout le monde le sait : jusqu’à présent, la population de l’Irlande du Nord, dans sa majorité, souhaite rester attachée à la Grande-Bretagne. Or on lui répond : « On va créer une frontière douanière entre la Grande-Bretagne et vous. » C’est quand même se moquer du monde ! Et ce n’est là qu’une des sources de difficultés constatées au Parlement européen. Dans cette affaire-là, les dirigeants européens ont une attitude totalement machiavélique. (Murmures sur plusieurs travées.)

M. Didier Rambaud. Caricature !

M. Jean Louis Masson. Ils voulaient que le Brexit se passe plus ou moins bien, et plutôt mal que bien. Ils voulaient imposer à la Grande-Bretagne des contraintes absolument inacceptables, moyennant quoi on en est où l’on en est.

De son côté, le Parlement britannique s’est, malheureusement, discrédité pour toute une série de raisons ; à présent, on a tous l’impression que les torts reviennent aux seuls Anglais. Mais, si l’on remonte un petit peu le fil, si l’on regarde la situation bien en détail, on s’aperçoit que les torts sont pour le moins partagés.

Madame le secrétaire d’État, je tiens à vous poser une question, que j’ai déjà posée à votre prédécesseur sans obtenir de réponse bien sérieuse. Si les Anglais abandonnent le Brexit, quelles seront les conséquences pour la répartition des sièges au Parlement européen ? La ministre qui vous a précédée m’a répondu tout et son contraire. En somme, c’est du grand n’importe quoi. (Protestations.)

Le traité de Lisbonne…

M. Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes. On vous a déjà répondu, mon cher collègue !

M. Jean Louis Masson. Monsieur le président, j’aimerais bien que l’on ne m’interrompe pas. Je n’ai pas beaucoup de temps de parole : si, en plus, on m’interrompt,…

M. Loïc Hervé. Vous l’avez largement cherché !

M. Jean Louis Masson. … je ne peux plus parler. C’est scandaleux ! (Protestations ironiques.) Cela ne me fait pas rire ! Certes, je suis le seul ici à parler au nom des non-inscrits. Nous n’avons que très peu de temps,…

M. le président. Monsieur Masson, le temps imparti est épuisé.

M. Jean Louis Masson. Monsieur le président, je m’y attendais : pour ceux qui m’ont interrompu, c’était le but de l’opération ! (Mêmes mouvements.) Ceux qui veulent donner des leçons de démocratie…

M. le président. Merci de conclure !

M. Jean Louis Masson. … sont franchement mal placés pour le faire !


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