+

La Rasnag - Ses membres - Le mot du mois - Interventions des non inscrits - Secrétariat 

Vous êtes ici : Accueil > Interventions des non inscrits

Intervention dans la discussion générale de la proposition de loi relative au délai d'intervention du juge des libertés et de la détention en rétention administrative à Mayotte
Séance du jeudi 14 février 2019

M. le président. Dans la suite de la discussion générale, la parole est à M. Jean Louis Masson.

M. Jean Louis Masson. Ça tombe bien, parce que je vais pouvoir répondre au rapporteur. C'est un véritable dialogue de sourds ! J'ai bien dit que je ne mettais pas en cause la jurisprudence du Conseil constitutionnel. Je remarque au passage que notre rapporteur a parlé de la Cour de cassation, je n'ai pas bien compris à quelle décision il faisait allusion.

M. Thani Mohamed Soilihi, rapporteur. C'était un lapsus !

M. Jean Louis Masson. En tout cas, je n'ai pas du tout mis en cause une décision ou une jurisprudence du Conseil constitutionnel, et je ne dis pas qu'il faut changer l'article 45 de la Constitution. Ce que je dis, c'est que, quand on examine le rapport qui existe ou non entre un amendement et un texte en discussion, on ne devrait pas utiliser cette notion de manière totalement abusive. C'est ça qui me choque profondément, d'autant que, lorsque nos amendements sont ainsi repoussés, on ne dispose d'aucun recours, ce qui n'est tout de même pas normal pour le bon déroulement du débat démocratique.

Je voudrais ajouter un point qui mérite à mon sens d'être souligné. Parmi les collègues qui ont rejeté ma question préalable, certains avaient indiqué en commission des lois que ce n'était pas normal de rejeter abusivement plusieurs de leurs amendements en vertu de l'article 45 de la Constitution, si bien que je ne comprends pas la position qu'ils adoptent aujourd'hui. On ne peut pas dire en commission que les choses ne se passent pas correctement et avoir une attitude inverse en séance publique, en votant contre la motion que j'ai déposée. Les groupes politiques ayant manifestement décidé qu'il fallait rejeter cette motion, une forme d'enthousiasme saisit tout le monde, ce qui donne l'impression que tout va bien !

Je le répète, la procédure législative pose un véritable problème. Étant non inscrit, je n'ai pas la possibilité de recueillir les soixante signatures qui me permettraient de saisir le Conseil constitutionnel. Or, pour l'instant, il n'existe aucune jurisprudence du Conseil sur ce sujet. C'est pourquoi il serait intéressant que le président du Sénat ou un groupe politique le saisisse afin de clarifier les choses et de savoir si une décision de rejet d'un amendement au titre de l'article 45 est abusive ou légitime.


Haut de page