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Intervention dans le débat préalable à la réunion du conseil européen des 15 et 16 octobre

Séance du mardi 13 octobre 2015

M. le président. La parole est à M. David Rachline, pour les non-inscrits.

M. David Rachline. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, permettez-moi d'aborder de manière synthétique les thèmes majeurs dont il sera question lors de ce Conseil européen.

Alors que la crise migratoire a pris des proportions dramatiques, vous ne voulez pas comprendre que les peuples ont besoin avant tout d'enracinement. En ce sens, par votre incapacité à apporter la paix dans les pays en crise, ou plutôt par votre capacité à y apporter la guerre, et en ouvrant les portes de notre territoire, vous créez des déracinés.

La vérité, c'est que nous sommes dans l'incapacité d'accueillir ces centaines de milliers de malheureux. Cette incapacité est d'abord économique. Avec 3,5 millions de chômeurs et une dette abyssale de 2 000 milliards d'euros, comment le peuple français pourrait-il assumer cette nouvelle charge ? Notre incapacité est ensuite morale. Comment accueillir tous ces hommes et ces femmes, alors que nous ne sommes pas en mesure de les intégrer ? Nous assumons tellement mal notre histoire, nos racines, que nous n'avons aucun modèle à leur proposer, si ce n'est celui du communautarisme. À dire vrai, la seule chose que vous arriverez à faire, c'est à mettre un peu plus en danger la cohésion et l'identité nationales. Nous protéger de cette immigration massive est un devoir de justice envers nos pères, qui nous ont laissé la France en héritage.

Je ne reviens pas plus longuement sur la cause des troubles migratoires graves que nous connaissons actuellement. L'Union européenne a été totalement incapable de mettre fin aux actions et à l'avancée des terroristes, qu'il s'agisse de Daech, du Front al-Nosra ou d'al-Qaïda. Pis, ils les ont armés, directement ou indirectement.

Pis encore, la France et l'Union européenne se font les porte-parole des Américains en critiquant l'action militaire de la Russie, qui, elle, et elle seule, lutte véritablement avec le régime contre ceux qui menacent la France, son peuple et sa sécurité.

Il est fascinant de constater, concernant l'Union économique et budgétaire, que la même politique économique idéologique est menée sans jamais être remise en question nulle part. Alors que la politique économique européenne actuelle est un échec total, que préconisent une fois de plus les hauts technocrates de Bruxelles, dont la légitimité démocratique est d'ailleurs nulle ? Toujours plus d'initiatives allant à l'encontre des politiques nationales ! J'en veux pour preuve les quatre piliers annoncés pour approfondir l'Union économique et monétaire : la création d'un système d'autorités de la compétitivité de la zone euro qui contraindrait les acteurs nationaux en matière de compétitivité et obligerait les partenaires sociaux à rendre des comptes sans pouvoir se soustraire aux avis de ce nouveau comité ; la création d'un comité budgétaire européen consultatif qui coordonnerait et compléterait les conseils budgétaires nationaux déjà en place – un comité supranational de plus ! ; la création d'un Trésor de la zone euro, pour que les États membres prennent de façon collective des décisions en matière de fiscalité et de répartition des dépenses budgétaires, ce qui conduirait à dépecer un peu plus chaque pays et à le priver du peu d'autonomie qu'il lui reste.

Toutes ces propositions visent à favoriser la surveillance des politiques économiques nationales, de façon probablement à les uniformiser. Pour notre part, nous refusons de nous soumettre et nous réaffirmons que la France doit disposer, comme toutes les autres grandes puissances, de sa monnaie, de sa banque centrale, de ses frontières, de sa souveraineté budgétaire, bancaire et législative.

Constatant les échecs de l'euro, nous défendons le retour à une politique monétaire nationale. Il n'y a pas de politique économique sans politique monétaire. La France a besoin de leviers budgétaires. C'est pourquoi nous voulons restaurer notre souveraineté budgétaire. Notre vision est avant tout empirique de ce point de vue.

Nous approuvons bien évidemment la proposition de campagne de David Cameron d'organiser un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Le Front national lui-même prendra cette même initiative en France si Marine Le Pen est élue à la présidence de la République. (M. Philippe Bonnecarrère s'exclame.) La question est finalement : voulons-nous rester maîtres de notre destin ?

L'imminence du référendum britannique fait souffler un vent de panique dans vos rangs, bien sûr. Vous n'avez qu'une peur, c'est que le peuple prenne la parole, car lorsqu'il la prend, il vous désavoue. J'en veux pour preuve les résultats des élections européennes du mois de mai 2014 qui furent une véritable gifle pour l'ensemble des partis de l'establishment. Rendez-vous compte, la France est représentée par vingt-quatre députés du Front national !

M. François Marc. Ils ne font pas grand-chose !

M. David Rachline. Et que dire du traité de Lisbonne ? Qu'il a été la meilleure manière de cocufier les Français ? En 2005, 55 % des Français ont dit « non » à la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe. Le résultat était clair et net. Les Français se sont exprimés, le suffrage universel a parlé. Qu'à cela ne tienne, par une manigance dont vous avez été complices en soutenant l'UMP d'alors, vous avez ensuite fait adopter le traité de Lisbonne par le Parlement.

Que conclure de tout cela ? Que vous vous moquez du peuple, car il y a bien longtemps que vous l'avez mis de côté !

Lors de sa visite au Parlement européen, M. Hollande s'est permis de railler le souverainisme. Or opposer souverainisme et souveraineté n'a strictement aucun sens. Le souverainisme exige la souveraineté. Si sa puissance au sein des nations européennes vous inquiète, c'est parce que la souveraineté tend à disparaître.

Pour le Président de la République, la souveraineté, c'est être capables de décider pour nous-mêmes. Mais que décide-t-on pour nous-mêmes, alors que l'argent du contribuable français sert à financer des agricultures européennes concurrentes de la nôtre, alors que le million de migrants que l'Allemagne fait entrer au sein de l'Union européenne pourra évidemment venir bientôt s'installer chez nous, grâce à vos accords de Schengen ? Et je n'évoquerai même pas encore une fois le traité de Lisbonne que les Français avaient rejeté ! Et de quelle souveraineté nous parle M. Hollande ? De celle qui appartient désormais au peuple ? Compte tenu du peu de cas que vous faites de ses votes, cela n'est guère convaincant.

Nous n'avons pas peur d'affirmer que le souverainisme s'attache à la nation, car sans elle il n'y a plus de souveraineté, et que la nation est le cadre protecteur qui rendra à la France sa prospérité. (M. François Marc s'exclame.)


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