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Intervention dans la discussion générale du projet de loi prorogeant l'application de la loi n°55 385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence et renforçant l'efficacité de ses dispositions
Séance du vendredi 20 novembre 2015

M. David Rachline. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, les Français ont une nouvelle fois découvert qu’ils n’étaient plus en sécurité sur leur propre sol. Or la sécurité est la première des libertés, et c’est l’une des raisons d’être de l’État de la garantir.

La situation actuelle sort de l’ordinaire. Nous soutenons donc le recours à l’état d’urgence et sa prorogation pour trois mois qui est un outil de l’État de droit, quoi qu’en disent les idéologues du syndicat de la magistrature !

Cependant, ne nous voilons pas la face : ce n’est pas en trois mois que nous allons venir à bout de l’hydre islamiste qui gangrène notre pays comme l’ensemble de la planète !

Quand on fait la guerre, il faut commencer par nommer son ennemi : notre ennemi est l’islamisme radical. Celui-ci repose, il faut le dire, sur une lecture rigoriste de l’islam : le wahhabisme. Cette guerre est donc aussi idéologique, et il me semble nécessaire de prendre conscience que cette mouvance a pu se développer en France, car notre société individualiste et matérialiste ne propose aucune transcendance. La nature ayant horreur du vide, les islamistes se sont engouffrés dans cette brèche.

Dans ce contexte, la vision de l’Association des maires de France sur les crèches est une aberration totale, voire une provocation scandaleuse.

Le Gouvernement semble avoir pris la mesure du danger qui guette notre pays. Enfin ! Alors, oui, osons le dire, plutôt que stigmatiser, caricaturer depuis des années nos analyses et nos propositions, il aurait été judicieux de les écouter ! Nous aurions préféré avoir tort, mais, malheureusement, les événements tragiques nous ont donné raison !

Une partie des mesures proposées par le Président de République va dans le bon sens. Toutefois, deux sujets fondamentaux ont été totalement occultés : les frontières et l’immigration. J’ose espérer qu’il ne faudra pas une attaque supplémentaire pour en prendre conscience.

Oui, l’immigration, notamment l’immigration de masse, est un sujet dont les liens avec les événements sont évidents. Et l’absence de frontières est une facilité offerte aux terroristes pour préparer leurs attaques.

Les frontières sont la possibilité de choisir qui entre chez nous, comme vous le faites tous dans vos maisons ! Je ne vois pas en quoi cela est un crime ! M. Abaaoud a, lui, trouvé la porte de la maison France grande ouverte !

Avant de conclure, je tiens à dire très clairement que notre vote en faveur de ce projet de loi n’est en rien un blanc-seing donné au Gouvernement, que nous serons très vigilants sur la mise en œuvre des mesures annoncées et que nous comptons bien mettre en débat sur la place publique les responsabilités politiques qui ont abouti à la situation tragique que nous connaissons aujourd’hui.

Je pense, par exemple, à la suppression de près de 20 000 postes dans l’ensemble des services de sécurité durant le quinquennat de M. Sarkozy, mais aussi aux graves accusations formulées par M. Squarcini, ancien directeur central du renseignement intérieur à votre encontre, monsieur le Premier ministre. La Haute Assemblée, comme l’ensemble des Français, attend une explication.

En conclusion, je tiens à dire que nous ne gagnerons que si nous savons qui nous sommes ! L’État islamique, lui, le sait : il vise, dans sa revendication des attentats de vendredi dernier, Paris « qui porte la bannière de la croix en Europe ».

C’est la France éternelle qui a été attaquée, peut-être pour son « incroyance festive », selon les mots d’un journaliste du journal Libération, mais au moins tout autant pour être, depuis 1 500 ans, un pays chrétien ! (M. Stéphane Ravier applaudit.)

 


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