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Intervention dans la discussion générale du projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, examiné en nouvelle lecture
Séance du mardi 30 juin 2015
 

Mme la présidente. La parole est à M. David Rachline.

M. David Rachline. Monsieur le ministre, on pourrait se demander pourquoi vous manifestez un tel empressement à faire adopter ce texte de loi, au point de recourir par deux fois au 49-3, ce qui montre une absence de soutien dans votre propre majorité et le peu de considération du Premier ministre pour le débat parlementaire et le débat démocratique en général. L'Assemblée nationale est déjà loin de représenter l'ensemble des Français ; si, en plus le Gouvernement la musèle… Il est bien beau de donner des leçons de républicanisme et de démocratie à tout bout de champ, mais il faudrait commencer par les mettre en pratique !

Vous nous dites que la discussion a été longue. Cela est normal s'agissant d'un texte fourre-tout, mélangeant tous les sujets quand chacun d'entre eux mériterait un texte spécifique ! Vous nous dites que les Français veulent que l'on aille vite. Sur ce point, je ne suis pas sûr que vous ayez bien compris le message adressé par les Français lors des dernières élections : s'ils veulent qu'on aille vite, ce n'est pas vraiment dans cette direction ! D'ailleurs, pourquoi aller si vite ? Peut-être pour que les enfants du Premier ministre puissent utiliser les nouvelles lignes d'autocar pour partir en vacances, plutôt que les avions de la République ? (Protestations sur les travées du groupe socialiste et républicain.)

Plus sérieusement, en réalité, la seule et unique raison qui vous pousse, monsieur le ministre, à aller vite, c'est qu'on vous le demande, ce « on » ne désignant absolument pas les Français, comme vous essayez de le faire croire, mais, bien évidemment, la Commission européenne ! En effet, vous avez en quelque sorte mis l'adoption de ce texte en gage : vous l'avez promise à la Commission européenne pour qu'elle se montre conciliante à l'égard des dérapages budgétaires de la France.

Ces mesures sont donc dictées par la vision libérale, mondialiste que l'Union européenne tente de nous imposer depuis des décennies, malgré l'avis des peuples, voire contre lui ! Dois-je rappeler que nous célébrons cette année les dix ans du « non » des Français au référendum sur le traité établissant une constitution européenne, ce « non » bafoué par M. Sarkozy et le Parlement, au travers de ce qui fut l'une des plus graves atteintes à la démocratie dans l'histoire moderne !

S'il faut reconnaître que, dans une loi fourre-tout, on peut toujours trouver des aspects positifs, ce texte représente globalement le modèle de société que l'Union européenne veut imposer aux peuples des nations d'Europe. La grande majorité de ces mesures sont au service de l'économie et des financiers, et non au service du bien commun et des hommes !

Il s'agit de mesures qui accroissent la financiarisation de notre société, de notre économie et de notre droit. Je pense aux professions réglementées, auxquelles vous imposez le modèle anglo-saxon.

Il s'agit de mesures qui affaiblissent les services publics. Je pense à l'ouverture à tout-va de lignes d'autocar – ce qui, soit dit en passant, n'est pas très écolo ! – venant concurrencer les lignes SNCF payées depuis des décennies par les Français, mais aussi à la privatisation des sociétés de gestion des aéroports de Lyon et de Nice, également financés par les contribuables.

Il s'agit de mesures qui accentuent le consumérisme illimité et détruisent les commerces de proximité. Je pense à l'ouverture dominicale. Non, monsieur le ministre, ce n'est pas en envoyant les Français dépenser le dimanche dans des magasins l'argent qu'ils n'ont pas, de surcroît pour acheter des produits fabriqués la plupart du temps à l'étranger, que vous allez améliorer le « vivre ensemble » et la cohésion sociale !

Plus grave encore, il s'agit de mesures qui restreignent encore un peu plus notre souveraineté et notre indépendance. Je pense au désengagement de l'État du groupe Nexter pour réaliser la fusion avec l'allemand KMW, marquant la fin de notre indépendance en matière d'industries de défense !

Ce texte – c'est sans doute pour cette raison que vous avez du mal à trouver dans votre propre camp des parlementaires disposés à le voter – relève d'une soumission à la vision ultralibérale et financière que veut nous imposer l'Union européenne. Certes, ce ne sont pas encore les grandes mesures rêvées par Bruxelles,…

Mme la présidente. Il faut conclure, monsieur Rachline !

M. David Rachline. … mais ce sont les prémices de la grande politique de soumission à Bruxelles, qui demandera des sacrifices toujours plus importants aux Français et dont l'ultime objectif est de faire disparaître notre modèle social, notre histoire, notre souveraineté, bref de faire disparaître la nation française ! (Huées sur les travées du groupe socialiste et républicain et du groupe CRC.)

Mme Annie David. On ne vous a pas vu en première lecture !

 


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