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Intervention dans le débat sur le thème: "service civil: volontaire ou obligatoire?"
Séance du jeudi 5 mars 2015
 

M. le président. La parole est à M. Stéphane Ravier.

M. Stéphane Ravier. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, ce qu’il manque aujourd’hui à une partie de la jeunesse de France, c’est justement de se sentir « de France », de se sentir française.

Mme Éliane Assassi. Oh là là ! Ça commence !

M. Stéphane Ravier. Ce constat, plus personne n’ose le nier, à quelques exceptions près...

Mme Éliane Assassi. Je ne suis pas une exception !

M. Stéphane Ravier. Mais pour savoir comment remédier au phénomène, encore faut-il être lucide sur ses causes.

D’abord, l’idéologie « sans-frontiériste » a produit une immigration massive et inédite dans l’histoire des nations, en provenance de certains pays aux modes de vie très différents des nôtres, contrairement aux vagues précédentes, qui étaient surtout européennes.

Ensuite, le multiculturalisme a empiré les choses en encourageant ces populations à ne pas s’assimiler, mais à revendiquer au contraire leur « différence » (Exclamations sur les travées du groupe CRC, du groupe socialiste et du groupe écologiste.)

Mme Éliane Assassi. Voilà le vrai visage du Front national ! C’est scandaleux !

M. Stéphane Ravier. … tout en facilitant l’acquisition de la nationalité française, afin de diluer l’identité nationale.

Il y a aussi l’individualisme extrême de Mai 68, qui a miné le sens de l’engagement au profit de l’égoïsme consumériste.

M. Michel Billout. Vous oubliez 1936 !

Mme Éliane Assassi. Mais oui, remontez donc au Front populaire !

M. Michel Billout. Et la Libération ?

M. Jean-Louis Carrère. Il aura bientôt fini, de toute façon !

M. Stéphane Ravier. Enfin, il y a cette haine de soi qui tenaille tant de nos dirigeants et autres éditorialistes, lesquels ne cessent de dénigrer la France et son passé. On a ainsi attisé le ressentiment antifrançais, puis, par lâcheté, on a laissé la haine de la France s’exprimer partout sur notre sol.

Dès lors, comment s’étonner que tant de jeunes gens, qui ont la nationalité française et vivent en France…

Mme Éliane Assassi. Il s’agit donc de Français tout court !

M. Stéphane Ravier. … se sentent étrangers à ce pays, quand ils ne lui sont pas carrément hostiles ?

Face à ce péril qui menace la survie même de notre nation, un « service civique » proposé par MM. Hollande et Valls apparaît comme un artifice dérisoire : c’est du niveau du site internet « StopDjihadisme ».

La nouveauté réside dans le caractère « universel » de ce service. Autrement dit, il reste facultatif...

Et qui va s’y inscrire ? Justement ceux qui n’ont pas de problème avec la France ! Certainement pas ceux qui sont en rupture avec elle, ceux-là mêmes que nous devrions aller chercher !

M. Jean-Louis Carrère. Ne lisez pas votre papier, laissez-vous aller, improvisez !

M. Stéphane Ravier. Il faut partir de la réalité et de ce qui fonctionne.

Dans les quartiers nord de Marseille, il y a un homme, un ancien sergent-chef de la Légion, M. Salim Bouali, qui est allé vivre près de dix ans dans le quartier le plus pauvre d’Europe, à la cité Félix-Pyat. Il y a fondé une association au nom magnifique : « En action pour les nations ».

Aujourd’hui, son constat est sans appel : « Ces jeunes sont en rejet de tout, ne s’accrochent à aucun système, mais sont attirés par un état d’esprit à forte symbolique comme l’armée. […] On va leur redonner une identité, des repères et des valeurs. Leur faire comprendre que la France les nourrit et blanchit, mais qu’ils y ont des droits et devoirs. Ils auront une tenue et un statut, une fierté. »

C’est exactement ce que nous proposons : un service national obligatoire, avec une discipline militaire. (Marques d’ironie sur les travées du groupe CRC et du groupe socialiste.)

Au « vivre ensemble » fourre-tout et sans identité, nous proposons la transmission d’un « savoir-vivre à la française », qui ne peut plus être une simple option, car c’est aujourd’hui une urgence absolue.

Nous proposons donc que tous les jeunes Français de dix-huit ans effectuent un service de trois mois au minimum dans ce qu’on pourrait appeler la « Garde nationale ».

Le premier mois consistera en une formation théorique et pratique. Les deux mois suivants, les jeunes seront affectés à des unités de sécurité intérieure ou encore de sécurité civile.

Ils porteront un uniforme et seront nourris, logés et blanchis aux frais de l’État.

M. Jacques-Bernard Magner. Une sorte de « stage Front national », quoi ! (Sourires sur les travées du groupe socialiste.)

M. Stéphane Ravier. Un certificat d’exécution du service à la nation sera ensuite délivré, qui sera nécessaire pour obtenir ensuite les aides sociales dont notre pays regorge (Mme Éliane Assassi s’esclaffe.) ou encore pour s’inscrire aux concours de la fonction publique.

M. Jacques-Bernard Magner. C’est le retour de Pétain !

M. Stéphane Ravier. Le coût du dispositif pourrait être pris en charge, notamment, par le budget de la formation professionnelle, dont on sait qu’il donne lieu à une véritable gabegie.

Cette « Garde nationale » permettra aussi à nos forces armées de se recentrer sur leurs missions propres.

En conclusion, plutôt donc qu’un énième gadget « citoyen », le service national obligatoire est la voie à suivre si vous voulez vraiment vous attaquer au problème et atteindre l’objectif assigné par Simone Weil – la philosophe, pas l’autre ! (Exclamations sur les travées du groupe CRC, du groupe socialiste et du groupe écologiste.) –…

Mme Éliane Assassi. Un peu de respect pour Mme Veil !

M. Stéphane Ravier. … dans ces termes simples et beaux : « Donner aux Français quelque chose à aimer. Et leur donner d’abord à aimer la France. »

M. Jacques-Bernard Magner. Vous l’aimez bien mal, la France !

 


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