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Philippe Darniche : contribution sur les orientations du rapport "OGM" du Sénat

    Dans le cadre du rapport de la Commission des Affaires économiques du Sénat, dont il est membre, Philippe DARNICHE, sénateur-maire de la Vendée (NI) nous fait partager ses inquiétudes d'élu et de citoyen, confortant ainsi le bon sens d'une opinion publique qui s'interroge - et s'inquiète à juste titre -, sur l'existence ou non de preuve de risque(s) sanitaire(s) pouvant durablement impliquer les générations actuelles et futures.

 

S'opposer préventivement à toute manipulation génétique quelque qu'elle soit ...

Dans un contexte international de "mondialisation" de l'économie, de recherche de rentabilité à tout prix et de profits faciles, Philippe DARNICHE s'inscrit avec conviction dans le droit fil d'une éthique sans concession, affirmée lors de précédentes interventions sénatoriales dans le cadre des lois bioéthiques. C'est la raison pour laquelle il soutient activement toute initiative législative visant à poser les limites éthiques du développement des biotechnologies, tant en France qu'en Europe. Mais le prix de ce refus aura un coût ...

 

Farouche opposant aux manipulations et modifications génétiques du Vivant, qu'elle concerne avant tout l'Humanité (êtres humains) toute entière mais aussi notre propre environnement naturel (flore et faune), Philippe DARNICHE considère que tant que la preuve scientifique et technique de la "non-toxicité" des OGM n'aura pas été démontrée à court terme – avec les manifestations sanitaires qu'elle pourrait entraîner sur le long terme – il est urgent d'interdire toute manipulation transgénique. Ce n'est pas lorsque des désordres sanitaires et des dangers non soupçonnés, issus de maladies engendrées par les OMG, se développeront à l'échelle d'une ou deux générations que nous pourrons faire marche arrière ...

 

Il rappelle à juste titre que l'engagement des associations, l'inquiétude fondée de nos concitoyens et relayée par les médias participent bénéfiquement à la prise de conscience d'une opinion publique "mature" et "responsable" soucieuse de voir les cultures et les aliments OGM "stoppés" dans l'intérêt même de leur propre santé.

 

Si les recherches s'avèrent négatives à ce jour, elles seront peut être positives dans quelques années et alors, il sera trop tard ... C'est tout le sens des paroles - fort explicites – du chanteur Mickey 3 D dans sa célèbre chanson intitulée Respire : "D'ici quelques années, on aura bouffé la feuille / Et tes petits-enfants ils n'auront plus qu'un oeil [...] / Ils te diront comment t'as pu laisser faire ça / T'auras beau te défendre, leur expliquer tout bas / C'est pas ma faute à moi, c'est la faute aux anciens / Mais y aura plus personne pour te laver les mains.


Favoriser la recherche appliquée dans des conditions optimales de sécurité

Toutefois, en matière de recherches appliquées (tant sur les plantes que sur les animaux), Philippe DARNICHE considère qu'elles sont inéluctables car elles participent activement à une meilleure connaissance du monde du vivant. C'est la raison pour laquelle, et prenant l'exemple des laboratoires de recherche sur les virus endémiques, elle doit s'effectuer spécifiquement en laboratoire, dans la plus parfaite sécurité des installations (environnement clos, cultures "hors sol", réglementation stricte...) et des manipulations, en vue de réduire au maximum les risques pour l'environnement et les personnes impliquées dans les processus de recherches appliquées.

     En tant que sénateur de la Vendée, département pilote en France en matière d'agriculture bio1 et de cultures naturelles de qualité, force est bien de constater que l'arrivée progressive puis un jour, massive, des OGM ne peut, à ses yeux, que nuire à notre économie locale face aux intérêts économiques, financiers et commerciaux outre-atlantiques.

     Enfin, en tant que maire, il estime indispensable de développer l'information à destination des élus locaux, en particulier pour les petites communes rurales. Il propose que leur soit enfin donnés les moyens de police pour interdire et lutter activement, tant sur le plan administratif que judiciaire, contre l'implantation illégale – et éventuellement "sauvage" - de zones cultivées d'OGM dans nos campagnes. Car tant que la non-dangerosité des cultures transgéniques n'aura pas été scientifiquement prouvée, il est de la responsabilité et du devoir des maires de s'opposer à ce type d'expériences agronomiques.

     Enfin, Philippe DARNICHE propose d'ouvrir de nouvelles pistes de recherches : pourquoi s'atteler à vouloir, coûte que coûte, développer scientifiquement, génétiquement, la rentabilité des cultures et la résistance des plantes alors même qu'il existe des champs entiers – inexplorés et partant inexploités – de "cultures alternatives" permettant de lutter, entre autre, contre la malnutrition dans le monde ?

     Il en va par exemple de la "spiruline", algue bleue-verte de la famille des cyanophycées, reconnue par les Nations-Unies (F.A.O) comme "micronutrient" favorable à l'alimentation humaine pour sa haute teneur protéique (60 %) et possédant également des propriétés thérapeutiques (artériosclérose, eczéma, hypercholestérolémie, etc.) et spécialement pour ses propriétés antivirales et antioxydantes. C'est avec détermination que mon collègue Hubert DURAND-CHASTEL (sénateur des Français établis hors de France) tente depuis plusieurs années de promouvoir son développement innovant.

 

 

Pour conclure, rappelons aux jeunes générations la célèbre phrase d'Antoine de Saint-Exupéry qui a valeur pour chacun d'entre nous - Législateur, élus, citoyens -, de véritable testament écologique : "Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, mais nous empruntons celle de nos enfants".

Tout nous incitant à la prudence, un seul et unique mot d'ordre s'impose à nous : "Imposons l'information sur les OMG ... et plus que jamais, restons sur nos gardes".

 

 

[1] La région des Pays-de-Loire a dépassé le cap des 1.000 exploitants en agriculture biologique, couvrant 2,3% de la Surface Agricole Utile (SAU, soit 52.829 ha) de Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, de Sarthe et de Vendée. Seules 89 exploitations sont en maraîchage, et parmi elles 20 sont en exploitation mixte (pratique simultanée de l'élevage et de l'arboriculture). Les surfaces maraîchères ont progressé de 14% et représentent 544 ha (conversions comprises). L'arboriculture stricte concerne 20 producteurs.


Philippe DARNICHE, Sénateur de la Vendée


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