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Le Mot du mois

Novembre 2001 : Sylvie DESMARESCAUX, la journée mondiale contre le Sida. 

La journée mondiale contre le Sida fixée au 1er décembre de chaque année a été l’occasion de rappeler à quel point cette maladie reste, encore aujourd’hui, un fléau mortel et dévastateur dans le monde mais aussi en France. En effet, depuis le début de l’épidémie, plus de 60 millions de personnes ont été infectées par le virus dans le monde. La France, quant à elle, n’est pas épargnée puisque plus de 5 000 personnes sont contaminées chaque année.

Or, contrairement à ce que certains laissent entendre, les jeunes, les immigrés, les drogués, les homosexuels… restent certes des victimes mais ne sont pas les seuls concernés. Ainsi, une enquête menée en régions dans les laboratoires d’analyse médicale révèle une augmentation de la proportion des femmes parmi les personnes confirmées positives, passant de 30% en 1997 à 40% en 2001. D’ailleurs, les associations en charge de la lutte contre le Sida, ont confirmé recevoir un nombre de plus en plus élevé de femmes.

A l’origine, la population féminine venait y chercher une oreille attentive et quelques bons conseils pour aider au mieux un de leur proche séropositif à continuer de vivre avec cette maladie ou à mourir dignement. Aujourd’hui, ce sont elles qui sont contaminées.

Le plus surprenant est leur profil sociologique, en complet décalage avec nos idées reçues. On a pu constater ces derniers temps, un accroissement de la séropositivité de femmes d’âge moyen (40 ans), souvent célibataires ou seules, et avec des enfants. En quelque sorte, ce sont des dames que chacun d’entre nous possède dans son entourage plus ou moins proche.

En règle générale, elles connaissent les risques liés aux rapports sexuels non protégés et sont, à l’occasion, de bonnes conseillères pour leurs enfants, en terme de prévention et de protection. Cependant, elles ne se considèrent pas comme une " population à risque " et/ou sont soumises aux rapports sociaux de sexe qui les placent dans l’impossibilité d’imposer à leur partenaire le port du préservatif.

En conséquence les différentes associations se sont lancées dans un nouveau combat, celui de la promotion des préservatifs féminins, seul moyen pour les femmes de maîtriser leur corps comme elles l’entendent. Cependant, ils sont encore peu connus et peu commercialisés tant dans les lieux publics ou les supermarchés que dans les pharmacies. Apparus en France en 1996, leur vente reste aujourd’hui confinée aux milieux associatifs.

Cette réalité est incompatible avec une politique de prévention efficace qu’il appartient à chacun d’entre nous de véhiculer dans notre environnement proche mais également à une plus grande échelle. L’arrivée des trithérapies en 1996 a entraîné un relâchement certain de la communication et de la prévention. Or, nous ne devons pas nous laisser aller à la trop grande confiance dans les performances thérapeutiques car la recrudescence de l’épidémie menace et ce, dans toutes les tranches de la population.

Sylvie DESMARESCAUX, Sénateur du Nord


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