La Rasnag - Ses membres - Le Mot du mois - Interventions des non inscrits - Secrétariat 

Vous êtes ici : Accueil > Le Mot du mois

Le Mot du mois

Décembre 2001 : Alex TÜRK, l'équilibre entre libertés individuelles et impératifs de sécurité. 

Parmi les conséquences lourdes et multiples des attentats du 11
septembre 2001, l'une touche à la nature des liens qui lient les citoyens à leur sphère de liberté.

En effet, il est apparu, dans les jours qui ont suivi cette tragédie,
que les démocraties devaient avoir la lucidité -et le courage- de réenvisager l'équilibre fondamental entre les exigences de la liberté individuelle et les impératifs de la sécurité. Car la lutte contre le terrorisme oblige le gouvernant et le gouverné à accepter de payer une parcelle de leur liberté pour prix de leur sûreté personnelle.

Ce phénomène se manifeste de façon très sensible dans le domaine de la
législation en matière de police et de justice. C'est ainsi que l'on a vu une unanimité se constituer au sein du Sénat pour voter un ensemble d'amendements à la loi Sécurité quotidienne inspirés par cette idée. C'est ainsi également que se sont récemment engagées des négociations entre les autorités de police américaine et européenne visant à abaisser le niveau de protection des données personnelles des citoyens pour mettre en place une coopération internationale efficace en matière de lutte contre le terrorisme.

Et il est à noter que, dans nos universités, cette question, dont on
mesure la portée philosophique, fait l'objet d'études approfondies, notamment au sein des programmes d'études et de recherches de doctorat dans certaines de nos facultés de droit.

Certes, il y a un débat, aujourd'hui, sur l'opportunité des choix
politiques qui sont à l'origine de telles initiatives. Et il est vrai qu'une frange -encore minoritaire, semble-t-il- de nos intellectuels s'interroge : la gravité des événements survenus aux USA justifie-t-elle que l'on songe à rendre accessibles nos coffres de voiture au contrôle des autorités de police?...Hum...

C'est l'honneur de nos démocraties que d'interdire que l'on interdise
ces débats. Leur honneur et leur force. Tout comme est une force, cette extraordinaire adaptabilité de nos sociétés et de nos concitoyens aux conditions nouvelles qui leur sont ainsi imposées.

Mais ne nous y trompons pas: ceux-là même qui, aujourd'hui, consentent
aux sacrifices nécessaires vis à vis de leur liberté individuelle, seront les premiers à exiger le retour à la plénitude de l'exercice de celle-ci lorsque l'examen des faits le justifiera.

Parce que l'idée démocratique est indomptable...



Alex TÜRK, Sénateur du Nord


Haut de page